@juliainsidetv témoin à charge de l’audiovisuel

Anaïs Maquiné, alias @juliainsidetv vient de lancer un blog et signer un livre sur les coulisses de l’audiovisuel.

Anaïs Maquiné a travaillé durant dix-sept ans dans le milieu de la production télé. Elle vient de lancer un blog et signer un livre sur les coulisses de l’audiovisuel.
Anaïs Maquiné a travaillé durant dix-sept ans dans le milieu de la production télé. Elle vient de lancer un blog et signer un livre sur les coulisses de l’audiovisuel.

À 44 ans, cette journaliste a déjà passé dix-sept ans dans le monde de l’audiovisuel. Elle en connaît les secrets et les méthodes, pas toujours des plus correctes avec ses employés. Ce qu’elle a fini par dénoncer dans un blog @JuliainsideTv et un roman qui vient de sortir.

Quand vous avez commencé le métier, c’était comment le monde de la télé ?

Anaïs Maquiné – Après avoir été rédactrice dans la presse écrite, je suis passée à la télé. C’est la journaliste Isabelle Pelletier (qui avait interwievé Jacques Mesrine, après son évasion de la Santé) qui cherchait une plume pour les lancements de Bataille et Fontaine. Tf1 était alors sous la direction d’Étienne Mougeotte, un journaliste. Puis, j’ai vu arriver des technocrates à la tête des chaînes, qui venaient du bâtiment, de la téléphonie, bref qui ne connaissaient rien au monde de la presse. Tout a changé à ce moment-là. J’ai collaboré aux émissions Ça se discute et Confession intimes. D’abord comme casteuse. On me demandait de porter les préjugés du présentateur ou du producteur. C’est à ce moment que j’ai compris que je ne faisais plus du journalisme.

Vous avez des exemples de “préjugés” ?

Sur un sujet sur la prostitution, un assistant avait trouvé une jolie fille d’un pays de l’Est et qui avait accepté de témoigner. La rédaction a refusé. Pour elle, il fallait une fille un peu vulgaire, presque moche, avec des images tournées de nuit, au bord d’une route dans un bois. Autre exemple, celui d’un sujet sur le mariage forcé. J’avais trouvé une chrétienne originaire d’Algérie que ses parents avaient contraint de se marier. Mais pour le producteur ça ne collait pas. Il voulait une musulmane. Stéréotype d’un dirigeant qui associait cela à une culture arabe.

À partir de quand avez-vous pensé révéler cette façon de faire ?

J’ai d’abord craint de parler dans ce milieu mafieux où règne une certaine omerta. Tout ce qui se passe à la télé reste à la télé. Si on dit quelque chose on est blacklisté et on vous dégage. C’est ce qui vient de m’arriver depuis que j’ai sorti mon roman. Intimidation par voie d’avocat à mon éditeur, pression auprès de Facebook et fermeture de mon compte…

Justement, à travers ce livre est-ce que vous ne réglez pas vos comptes avec la télé ?

Ce n’est pas ce que je cherche à faire et j’espère que ce ne sera pas perçu comme tel. Je ne nomme personne dans mon livre. Je veux seulement dénoncer un système et des conditions de travail.

Mais alors, pourquoi ne vous êtes-vous pas syndiquée, pour dénoncer cette façon de faire ?

Parce que l’audiovisuel fait appel à des boîtes de production qui ne sont plus du champ d’interventions des syndicats de journalistes qui, eux, sont présents sur les chaînes. En production, il n’y a pas de comité d’entreprise. C’est un choix des groupes, pour éviter les affrontements et permettre toutes les dérives en terme de condition de travail.

Vous avez des exemples de conditions de travail ?

Plein, comme déclarer des journalistes sous le statut d’intermittents du spectacle. Cela permet de les déclarer qu’un jour sur deux, pour un véritable temps plein effectué. Le reste du salaire est payé par des indemnités Pôle Emploi spectacle. Je pourrais aussi parler des versements de droits d’auteur. Les boîtes déclarent au Smic et complète en droits d’auteur pour alléger les charges. Dans ce milieu, le droit du travail n’est pas respecté. Si un journaliste ne le dit pas, qui va le dire ?

Propos recueillis par Fabrice CAHEN, pour La Gazette Val d’Oise.

Pour quelques minutes de célébrité, éditions Anne Carrière, sortie le 1er octobre.

À suivre sur Twitter @juliainsidetv et sur le web.


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Une réflexion sur « @juliainsidetv témoin à charge de l’audiovisuel »

  1. Bonjour et bravo pour l’initative, à l’heure où le controle va se faire davantage sur les chômeurs et intermittent du spectacle, il est de bon de remetre certaines pendules à l’heure et de dénoncer les dérives des boites de prod et consoeurs.

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